C'est fou comme le froid et la langueur toment sur le monde, quand on n'a pas de main pour serrer la sienne. Obligations, quel horrible mot, mais malheur a celui qui s'en échappe. Chacun de notre coté nous vaquons plus ou moins utilement a nos occupations plus ou moins intellectuelles, en attendant. En attendant de pouvoir profiter, de pouvoir vivre, enfin, pour ce et ceux qu'on aiment et non pour ce qui nous oblige. Les sourires sont insipides et les piscines moins bleues ... sauf ...
Il passa sa main dans ses cheveux, rejetant en arrière une mèche de cheveux qui se voulait irrésistible. Il marchait dans la rue comme on défile sur un podium, sans une once de modestie et de simplicité, tout autours de lui n'était que décors de désordre. Son sourire indiquait qu'il marchait sur le monde, posant ses chaussures trop cirées l'une devant l'autre, avec autant de détermination que d'humilité. Il traversa la rue sans apercevoir, assise sur un banc, une petite fille sortie tout droit d'un film d'horreur. De longs cheveux noirs couvraient un visage pale rongé par la fatigue et la faim, ses mains squelettiques serraient du plus fort qu'elles le pouvaient ce qui a du être un ours en peluche. Qui sait, si le grand blond aux dents blanches n'a pas regardé la fille, c'est peut être pour vérifié qu'aucune voiture se trouverait sur son passage quand il traverserait la chaussée. Penser a sa vie plutôt qu'a la survie des autres, une mauvais idée en soi ?